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Rss Réponse à Michel Onfray et à son article "Le cerveau reptilien de l'aficionado"
Contre Michel Onfray qui s'indignait récemment de la barbarie des corridas, Aliocha* insiste sur la noblesse de cette tradition et dénonce des raccourcis philosophiques opérés selon elle par un penseur qui ne maîtrise pas les codes de l'art tauromachique.
Voici sa conclusion :


Si Michel Onfray avait travaillé son sujet (oxymore pour un personnage médiatique dont la seule signature suffit à valoriser n’importe quelle production), interrogé des aficionados, des éleveurs de toros, des toreros, des directeurs d’arènes, il aurait saisi qu’au plus profond de cet amour de la tauromachie, il y avait une peur primale, ancestrale et éternelle : celle de la mort. Et un espoir fou : celui, à chaque course de toros, de voir un homme, en habit de lumière et ballerines, c’est-à-dire incroyablement fragile et démuni, triompher de l’effrayant cauchemar en un combat rituel. C’est sans doute cela qui interpelait les Goya et autre Hemingway. Eux ne craignaient pas d’effleurer ce mystère, quitte à se mettre en danger. Ce genre de courage n’est visiblement plus à la mode.

Quand la corrida aura disparu, cette peur s’exprimera différemment. Non par d’autres violences, elle n’est pas l’expression du goût du sang contrairement à ce qu’avancent les ignares, mais par d’autres souffrances. Simplement, celles-là ne brilleront pas dans le soleil et la poussière au rythme d’un paso doble. Il n’y aura plus ni or, ni sang, ni olé. Plus de décorum ni de sacré. Juste les antidépresseurs et, au choix, la corde, le gaz, ou les somnifères arrosés d’alcool. C’est un choix de société, je ne le juge pas, mais qu’on ne vienne surtout pas me dire que nous construisons un monde meilleur. Nous ne faisons que substituer de nouvelles violences aux anciennes. Le sacré et le décorum en moins. Qu’on me pardonne d’éprouver une certaine nostalgie de l’esthétique.



* pseudonyme d’une journaliste économique diplômée en droit, qui traite plus particulièrement de la vie des médias et du métier de journaliste.


A lire en intégralité dans cultures taurines http://www.culturestaurines.com/onfray_aliocha
 
 
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Ecrit par: tem40, Le: 16/10/12


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