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BOUCLIER FISCAL ET STOCK OPTIONS





Au moyen d'un communiqué publié hier, l'Union des toreros a dénoncé la décision des villes taurines françaises de première catégorie de rabaisser de 20% les honoraires supérieurs à 60.000 euros que perçoivent une poignée d'entre eux. Toutes proportions gardées, c'est un peu comme si les OS de Renault se mettaient en grève pour préserver les stock options et le bouclier fiscal de leurs patrons.

S'il fallait une preuve de l'emprise du Juli et de ses quatre copains sur le reste de la profession, cette prise de position pourrait en tenir lieu, mais il est toutefois prévisible que cette unité momentanée ne durera guère et que le bon sens l'emportera. Un rapide calcul permet de comprendre pourquoi.

Dans une corrida basée sur la présence des figuras, la part budgétaire correspondant aux frais généraux de production (salaires du personnel, loyer de l'arène, communication, cuadra de caballos, transports, etc...) s'élève approximativement à 20% du total, le prix de la corrida à 10% et le montant des honoraires des trois toreros à 70%.

Quand les toreros, dans leur communiqué, estiment que l'on peut faire des économie ailleurs, ils mériteraient qu'on leur demande où. Et quand ils jugent la mesure "démagogique", ils mériteraient de s'entendre dire que dans les corridas "dures", les frais de production qui s'élèvent au même montant que dans les autres représentent 33% du total, le prix de la corrida 33% aussi, de même que les honoraires. Et pour leur faire prendre la mesure du problème, ils devraient s'entendre dire aussi que le budget global d'une corrida "dure" est équivalent à celui de leurs seuls honoraires.

S'il est indubitable que les membres du G10 sont les meilleurs toreros, il n'en est pas moins évident qu'ils sont de piètres gestionnaires et qu'ils méconnaissent totalement l'économie d'un secteur dont ils sont les principaux bénéficiares. Est-il scandaleux, comme les arènes françaises l'on fait, de les inviter de manière collective à davantage de solidarité ? Avec pas mal d'humour, Vicente Zabala de la Serna a posé dans El Mundo le problème en ces termes : "Dans le contexte de crise que traverse l'économie mondiale, et celle de la tauromachie par ricochet, est-il scandaleux de demander à ceux qui se prélassent sur un yacht de 30 mètres, de se contenter désormais d'un de 24 ?"

Et l'on pourrait ajouter : jusqu'à quand les matelots vont-ils se sacrifier pour préserver les avantages du capitaine ?


André Viard

http://www.terrestaurines.com/forum/actus/edit.php






tem40 Le: 29/10/11
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