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Rencontre au sommet, hier, entre représentants des toreros et organisateurs des sept premières places françaises. Les villes ont de plus en plus de mal à supporter la désaffection des arènes, a rappelé le maire de Bayonne, Jean Grenet
Hier, l'Union des toreros, l'organisme qui fédère la « profession », recevait en son siège madrilène les représentants des sept places taurines françaises de première catégorie. Celles-ci entendaient attirer l'attention des matadors sur les grandes difficultés économiques qui menacent les spectacles taurins en France. Et leur demander des efforts financiers.

Le maire de Bayonne, initiateur de la démarche, était évidemment du voyage. Olivier Baratchart, directeur des arènes locales, accompagnait Jean Grenet, ainsi que le mandataire Alain Lartigue. Ils ont d'abord dû évacuer un malentendu. Car un communiqué diffusé le mois dernier par le « G7 » français a causé un certain émoi en Espagne. « Les matadors ont cru que nous les désignions comme seuls responsables de tous les maux », raconte Jean Grenet.

Les maestros n'ont pas le monopole des maux, les mesures envisagées par les organisateurs ne les visent d'ailleurs pas exclusivement. Mais les cachets des toreros les plus exigeants grèvent sérieusement les comptes. Voilà pourquoi le club des sept propose une baisse de 20 % de tous les contrats supérieurs à 60 000 euros (1).

« Plus possible »

« Nous avons expliqué notre position », indique Jean Grenet. « Nous l'avons replacée dans un contexte économique. Quel que soit le mode d'administration des places, régie, délégation ou gestion associative, il y a une désaffection du public. Se crée un déséquilibre économique qu'on ne peut plus supporter. » Notamment dans un mode de régie directe, comme à Bayonne, Dax où Mont-de-Marsan. Le déficit de la première de ces villes dépasse allègrement les 200 000 euros cette année (90 000 l'an dernier). « Ce n'est plus possible, nous le leur avons dit. » Et plus soutenable dans un contexte de crise économique, combinée à une opposition de plus en plus audible des antitaurins qui ne manquent pas, c'est de bonne guerre, d'interpeller le contribuable.

Les matadors ne sont donc pas les seuls en cause, mais les chiffres sont formels pour le premier magistrat : « Si nous avions appliqué cette année la réduction des 20 % comme nous la préconisons, nous aurions été proches de l'équilibre ». Alors Jean Grenet l'annonce : « Je ne reviendrai pas en arrière ».

À prendre ou à laisser

À l'issue de la rencontre au sommet, hier, l'Union des toreros a diffusé un communiqué en des termes plus que diplomatiques. Pour ne pas dire évasifs. Les signataires relèvent « la nécessité de travailler conjointement en faveur de l'avenir de la tauromachie en France ». Le texte réaffirme « le principe de liberté des négociations individuelles » entre places et toreros. Il préconise « des actions communes et responsables qui contribueront à résoudre l'actuelle situation grâce à des plans opportuns d'ajustement, de promotion et de communication ».

Disons que ces quelques lignes ont le mérite d'exister en ce qu'elles témoignent d'une présentation officielle de la situation. Personne n'est plus censé l'ignorer. Mais seules les négociations à venir entre les parties diront si les vedettes de l'art taurin ont décidé de faire leur la crise des places françaises.

Si tel n'était pas le cas ? « Je l'ai dit, les matadors qui n'accepteront pas de faire l'effort ne viendront pas », pose Jean Grenet. Bayonne semble prête à assumer une temporada sans les plus grosses têtes d'affiche.

(1) Les places françaises proposent la baisse de 20 % de tous contrats supérieurs à 60 000 euros, pour les hommes comme pour le bétail. À l'inverse, une revalorisation de 20 % des toreros les plus modestes est prévue. Autre objectif : obtenir une TVA à 5,5 % sur les spectacles taurins.

http://www.sudouest.fr/2011/11/17/je-ne-reviendrai-pas-en-arriere-555480-642.php



tem40 Le: 20/11/11
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