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Là naquit la planète des toros.
D’après la chronique de Manolo Molés


C’est la temporada en Amérique. Et toujours germe cette graine que semèrent les espagnols, les conquistadors, les guerriers, les prêtres, ceux qui amenèrent la culture, leur langue, la religion, mais aussi le pillage et quelques comportements peu recommandables… C’est vrai que la recherche de l’Eldorado, de l’or, de la richesse y fut pour beaucoup mais en trois siècles furent semés d’autres sentiments, une autre culture, un autre enseignement pour le Nouveau Monde.
Toute conquête entraîne sang, sueur et larmes. C’est sûr ! Mais la vieille Castille et ses rois appelés Catholiques assumèrent bien davantage. Le plus spectaculaire fut la manière dont les prêtres, et professeurs enseignèrent le parfait castellano de Cervantes à des millions de personnes depuis la Californie jusqu’à la Terre de Feu. Une quantité de pays, des millions d’indigènes avec mille langages différents finirent par parler mieux que nous le castellano du vieil et énorme royaume de Castille qui se pointant sur l’Atlantique, incluait ce qui devait devenir plus tard le Pays Basque, le royaume de Leon, qui agrandissait encore le domaine avec la Galice, le royaume de Navarre et le royaume d’Aragon sans parler des régions valencienne, catalane et les Baléares.
Ils dominèrent des terres, des pays, de l’or, des richesses, mais en plus d’enseigner une langue et une religion qui fraternisèrent deux continents, le toro eut quelque chose à y voir. Oui, le toro !

Le toro, gardien d’haciendas avant de former des ganaderias.
Le toro bravo voyagea vers l’Amérique dès le début de la Conquête, non pour être toréé mais pour garder les missions des prêtres et les propriétés des riches. C’était une époque de peu de sécurité. Le toro était comme Securitas de nos jours. Le toro bravo espagnol arriva en Amérique pour cette première mission.
Mais les semences germèrent… Et d’Espagne arrivèrent des toréros plus ou moins reconnus ainsi que des indigènes ou des métis dont certains furent appréciés, mais, ce qui est certain, c’est que le cheptel brave s’agrandit dans de nombreux pays. Il grandit et disparut avec le temps en Amérique Centrale, il en resta quelque peu en Californie, et on en trouve peu de traces en Argentine. Mexique , Colombie, Pérou, Venezuela et Equateur furent les centres où le toro « gardien » finit par former des ganaderias pour que le spectacle hispanique puisse s’y développer.
Quand Diaz-Cañabate* créa l’expression « La planète des toros » il se référait aux cinq pays américains où s’enracina le toro et aux trois pays européens.

Ces prêtres qui semèrent la graine de la Fiesta.
Et le toro y prit de plus en plus d’importance. La racine de l’aficion grandit tant, que, quand ces pays obtinrent l’indépendance, celui qui resta fut le toro et ces pays s’approprièrent la Fiesta de los Toros.
Et ça continue. Avec une énorme passion dans l’immense pays qu’est le Mexique, avec un sérieux qui en impose en Colombie, malgré une incertitude au Venezuela, avec le bon goût du Perou, de la plaza de sa capitale aux mille plazitas de l’intérieur, et dans cet Equateur qui vit en espérant que la politique nous rende Iñaquito, la « Plaza de la joie. » La Plaza où les toreros devaient arriver quatre jours avant pour s’adapter à l’altitude. A Quito où les vingt-quatre heures de chaque jour commencent avec un temps printanier, continue par un été torride à midi, puis avec l’automne quand le soleil disparaît derrière le Pichincha puis cherche un abri pour l’hiver de la nuit.
Ces prêtres et propriétaires d’haciendas qui amenèrent le toro bravo en Amérique pour pouvoir dormir tranquilles, inconsciemment semèrent la semence d’une Fiesta et d’une passion.

Cet héritage reste vivant. Toros de sang hispanique et toreros qui grandissent loin et notre pays comme patrimoine de cette chimère. Mexico rempli, Colombie attendant un autre Cesar, Equateur, Venezuela avec son Colombo, Perou avec la lumière étincelante de Roca Rey…..
Tout commença en 1492, trois caravelles, Palos de la Frontera et Colomb cherchant les Indes. Ainsi naquit « El Planeta de los Toros »


*Antonio Diaz-Cañabate : avocat, journaliste et critique taurin.
Auteur de « Paseillo por el planeta de los toros
»



tem40 Le: 10/01/18
Paco Ureña à Bayonne Fandiño: un homme, un torero !!
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