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La mort de Diego Puerta m'invite à écrire autre chose que de convenu ou statistique - on le trouvera par ailleurs. Il fut de ceux qui déterminèrent mon amour pour la Fiesta Brava - on l’appelait encore ainsi - et sans doute ma vocation. C’était en 1962 ou en 1963, lors d’une San Firmin inoubliable où m’avait mené mon grand-père, aficionado émérite, en compagnie de la famille Lurot (est-ce la bonne orthographe ?) dont les plus anciens aficionados bordelais se souviennent.

En ces temps il n’y avait pas de hordes de touristes, on buvait à la gourde du bon vin Rioja et au marché à l’ail on achetait une tresse que l’on portait fièrement autour du coup. La plaza n’avait pas été rehaussée et, du clocher qui la surplombe, les pères en soutane regardaient gratuitement le spectacle. Je n’avais que onze ans mais je me souviens du nom des héros de ces deux jours mémorables : Paco Camino, El Viti, Firmin Murillo, Mondeño et Diego Puerta qui avait été doublé. Quelle brochette !

Je me souviens de l’intrépidité de Puerta qui avait triomphé. Il illustrait parfaitement ce principe fondamental du toreo, terrible quand on y songe : vaincre ou mourir. On lui prête ces mots : « je sortirait par la Grande Porte ou par celle de l’infirmerie ». Voilà comment cet homme, fils d’un employé de l’abattoir de Séville, est mort dans son lit, dans son quartier de San Bernardo, après avoir essuyé 53 blessures - dont quatre qui auraient pu être mortelles -, conquis la gloire, la fortune et l’estime de ses confrères.

Il en est un autre qui « laisse son corps à l’hôtel » et dont ne compte pas les blessures. « Nous ne sommes pas là pour voir mourir quelqu’un » entend on souvent sur les gradins, à son égard. Et pourtant, Diego Puerta ne laisse-t-il pas le témoignage d’un homme simple, transcendé par le combat, prêt à mourir pour triompher ? Ce don de soi n’est il pas la meilleure justification de la tauromachie ? La seule qui vaille ?


Les restes mortels de Diego Puerta ont été transportés à la mairie de Séville où ils ont été accueillis par le maire de la cité, ce mercredi soir vers 19 heures. Ils sont exposés au public dans une chapelle ardente. De nombreux toreros parmi lesquels Espartaco, Ortega Cano et El Viti, très émus se sont recueillis devant le cercueil. On notait aussi la présence du ganadero Eduardo Miura. Une messe aura lieu demain à 12 heures, à l'église de San Bernardo car il était membre de la Hermandad de ce quartier, après une procession dans la ville.


pierre


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tem40 Le: 01/12/11
Casas:pour ou contre. Quelques réactions. Puerta
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