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C'était une nuit sans lune et glaciale. Les bêtes étaient tranquilles dans les cercados de pierre. Une étoile brillait dans le ciel et se mouvait lentement indiquant comme une direction. Je suivis son invitation et je partis, chaussé de mes gros sabots, dans le Campo. Il y avait, au loin, comme un bouhaha léger et des lumières qui s'agitaient, aux alentours de la Grotte où nous nous cachions avec les amis du village.
Aux abords de la Grotte une foule grave était réunie. Personne ne fit attention à moi et je pus m'approcher en silence. Il y avait sur un lit de paille, un enfant grâcieux qui attirait tous les regards. Sa mère, une jeune femme légèrement en retrait, était agenouillée près de lui. On me dit son nom : Mari Paz - je la croyais au Mexique... Derrière, à genoux lui aussi, son père il parait, mais on en n'était pas bien certain : Un certain José, un hombre muy discreto, me dit mon voisin. Le charpentier des arènes du village, un barbu, les mains tailladées par le travail du bois. Je l'avais vu reclouer la talenquère démolie par un Miura, quelques jours avant. Son habileté -un marteau, trois clous, une planche qui trainait- m'avait ébloui et pourtant personne n'y avait prêté attention.
Dans le fond de la Grotte, trois princes splendides avaient pris place : les Rois Mages -me dit-on. Ils était venus de loin, suivant leur -bonne- étoile : de Madrid où ils venaient de gagner une grande bataille. Le premier, sévère et habillé modestement, portait un coffret plein d'or ; le second, Simon -tout le monde connaissait son nom- avait un costume bariolé et l'encens qu'il faisait brûlait avait une odeur ensorcellante et tournait les têtes ; Toñio, le troisième avait le regard sombre, le visage encore marqué par la défaite de Barcelone, il portait un coffre avec la myrrhe entêtante ; pour conjurer l'échec.
Le vieux cheval de piques de l'écurie et le Semental le plus agressif de la manade soufflaient avec tendresse sur l'enfant pour le réchauffer.
On se pressait désormais dans la Crèche : le peuple était venu à l'appel de l'étoile. Les bergers amenaitent leurs agneaux lovés autour de leur cou. Rafaël le gitan, voleur de poules patenté, avec son costume chamarré, fraternisait avec l'Aguazil, noir corbeau souriant pour une fois. Le meunier tenait son bonnet à la main et il avait son sac de farine et je reconnus le Mayoral qui venait à ses côté les mains vides... mais il était avec sa femme qui avait fait des beignets pour l'occasion. Même le ganadero avait fait le déplacemenent, il avait éteint son cigare et il discutait aimablement avec l'Imprécateur du village -"el Cojo"- qui l'avait pourtant provoqué lors de la dernière sortie de ses toros - ils étaient tous aféités, il est vrai ! Le Ravi, les bras au ciel semblait heureux, comme il l'est toujours quand son peuple est rassemblé. Il levait les bras au ciel et lisait à voix haute cette sublime maxime qu'avaientt déroulé deux anges dans le ciel: "Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté".
Dehors dans le froid, une bande d'antis hurlaient leurs slogans haineux , mais la sérénité de la Crèche n'en était pas troublée.
Pierre Vidal
http://www.corridasi.com/news/news.php



tem40 Le: 25/12/11
C'est quoi la tauromachie? par J.Lescarret Déclaration de J.Miletto et réponse de P.Hermé et P.Vidal
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