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Article 84 du règlement taurin
"Lorsqu'un animal aura mérité d'être gracié en raison de son excellente présentation et son excellent comportement dans toutes les phases du combat sans exception, notamment en prenant les piques avec style et bravoure, le président pourra dans les circonstances qui suivent, accorder cette grâce afin que l'animal puisse être utilisé comme "semental" après les soins necessités par son état physique et ses blessures, et ainsi participer à la préservation et à l'amélioration de la race et de la caste de l'espèce.
La grâce devra être majoritairement demandée par le public et par le matador concerné qui en manifestera expressément le désir.Il sera de plus indispensable que le ganadero ou le mayoral de l'élevage concerné fasse connaître son accord par l'intermédiaire d'un alguazil."

Loin des polémiques de saison, ce petit rappel des tables de la loi n'est pas inutile pour alimenter le réflexion sur la pratique de "l'indulto" devenue presque courante aujourd'hui.
Pour avoir assisté à celui de Pasion de Garcigrande à Arles par El Juli en avril dernier,ironique et dérisoire, seule l'esquisse d'un pauvre sourire se dessine sur mon visage.
Du souffle il en eu cet animal, et sans découragement et avec allant, il fit les nombreux allers et retours que lui imposa le torero.Son comportement au dernier tiers fut de ceux qui permettent le triomphe au maestro qui possède une muleta dominatrice.
Aucun prix d'excellence par contre ne put être distribué face à la cavalerie, rien de très marquant par rapport aux standards édulcorés du moment.
Pas sûr que Pasion par sa présentation, muscles rentrés et encornure sans grand aigu, fait tourner les têtes des vaches de Garcigrande.
Bref il manqua bien des critères si chers à notre article 84 pour qu'il y ait une justification à une grâce présidentielle.Elle fut d'ailleurs accordée sous un mélange de bravos et de quolibets signes bien douteux d'une majorité et manquement supplémentaire aux règles édictées.
Pasion symbolise les doutes qui assaillent nos esprits face à la lente dégénérescence qui mine de l'intérieur la corrida actuelle.
Vidée de sa substance par la production à la chaîne d'un spectacle de plus en plus suranné, le monde du toro ne sait plus trop comment réagir face aux attaques extérieures contre la tauromachie.
En justifier la violence sacralisée et la sauvage bestialitée par des indultos de pacotille est sacrilège.Tout aussi sacrilège que les spectacles de Quito et les états d'âme de circonstance et marquettés de Mr Castella qui verse sa larme de crocodile devant la mort des adversaires qu'il occit pourtant par dizaine pour remplir son compte en banque.
Alors avant de nouveau nous assoir sur un gradin d'arène repensons aux quelques lignes de l'article 84.Elles nous seront bien utiles pour ne pas confondre moments exaltés et moments d'exception et nous permettront par notre exigence d'en faire déjà beaucoup pour la sauvegarde de la tauromachie.

http://lamonteraquipleure.blogspot.com/



tem40 Le: 31/12/11
Padilla recommence à toréer. Une année terrible par Paul Bosc
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