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De malin comme il est, je ne comprends pas comment le Juli a pu laisser se refermer sur lui le piège qu'il avait lui-même tendu, ni comment, après Arles, Valence et Séville, il n'a pas senti le vent du boulet qui était prêt à être tiré depuis Madrid. Mais le fait est inédit : pour la première fois de sa carrière, il est absent de toutes les premières grandes ferias.

Mais le plus désolant pour lui est que, bien que son entourage ait tenté de le victimiser un coup après l'autre, plus grand monde ne semble décidé à vouloir prendre sa défense depuis que le dessous des négociations madrilènes a été mis sur la table par l'empresa, peu désireuse de porter seule le chapeau.

Le feuilleton des négociations débuta par une annonce de Taurodelta, précisant que tous les toreros du G10 seraient là pour San Isidro, sauf Ponce qui n'en voulait pas. Deuxième épisode, on annonce même les deux corridas que combattra le Juli : Victoriano del Rio et Nuñez del Cuvillo (les deux ont pétardé l'an passé à Las Ventas). Et là, patatras. Lors de la troisième rencontre entre empresa et apoderado, celui-ci se lève, serre la main de José Antonio Chopera et quitte le bureau en déclarant que le Juli ne viendrait pas à Madrid.

Croisement de communiqués, déclarations sybilines, sous-entendus, c'est pas moi c'est toi... L'empresa accuse Juli de vouloir plus d'argent que l'an dernier, l'apoderado répond que c'est faux... jusqu'au moment où notre confrère El Mundo publie les chiffres du marchandage. Où est-il allé les chercher ? Certainement pas du côté du torero...

Et l'on apprend donc que depuis dix ans le Juli n'a pas augmenté ses honoraires madrilènes et que ceux-ci se situent à 240.000 euros par corridas, soit 40 millions des anciennes pesetas. L'an passé, car le cartel était relevé, il avait fait un effort pour la Beneficencia en n'encaissant "que" 35 des vieux millions, soit 210.000 euros seulement.

L'empresa lui proposait donc les mêmes honoraires : 450.000 euros pour deux corridas durant la San Isidro. Ce que l'apoderado du torero n'a pas accepté, exigeant, selon notre confrère El Mundo (et ses informateurs) 480.000 euros en tout.

Depuis la publication de ces chiffres, très loquace ces derniers jours sur Twitter, le Juli s'est tu, et son apoderado de même. Sans doute ont-ils été surpris par leur publication, et sans doute ont-ils compris que par les temps de crise que nous vivons, cette somme considérable est choquante pour la plupart des aficionados qui ont du mal à comprendre comment, à ce niveau, on peut se montrer aussi regardant pour 30.000 euros.

Le côté positif de cette nouvelle déconvenue est qu'à force le Juli va finir par comprendre que le rabais de 20% qui lui était demandé par les arènes françaises n'était peut-être pas une si mauvaise affaire que cela, et il se dit même qu'il serait prêt à l'accepter, voire un peu plus, pour pouvoir entrer dans les ferias qui ne sont pas encore bouclées.

Le côté négatif, pour lui, outre le manque à gagner, est qu'il va certainement perdre aussi une partie de son prestige et que les aficionados vont le regarder différemment, voire, pour les moins indulgents, lui en demander pour son argent.


André Viard

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tem40 Le: 16/03/12
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