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Rss Tragedia y Fiesta, l'ambiguité de la tauromachie par I.Corresa, historien d'art
Tragédie et fête : l’ambiguïté de la Tauromachie. Par Ignasi Corresa, historien d’art.




« Une image vaut mieux que mille paroles ». Nous n’avons jamais été complètement d’accord avec cette croyance populaire, mais les paroles étaient de trop devant les images de la cornada du maestro Padilla… Il ne semblait pas que si peu de temps au sol eut provoqué de tels dégâts, mais lorsque le toro leva la tête et que l’on vit le visage ensanglanté du maestro nous vîmes la face amère de la Fiesta : la Tragédie.
….. Notre fête est un spectacle basé sur le triomphe et la mort, comme une tragédie grecque. Du point de vue esthétique, il n’est pas certain que tant qu’il n’y a pas cornada, c'est-à-dire qu’il n’y a pas la mort, il n’y a pas de tragédie, parce que la Fête en elle-même est tragédie. Nous entendons ce concept de son point de vue historique, de la conception classique des Grecs dans laquelle puisera la civilisation romaine.
Ainsi donc, la tragédie grecque narre les aventures de l’homme qui cherche l’abîme et autres chemins de l’âme. Aristote ajoutait que la tragédie élevait l’âme et que les passions se purifiaient en un processus de catharsis. Dans le cas du toreo, il y a deux variables : la libération spirituelle de la passion et l’expression du matador et d’autre part la transmission par sa tauromachie de cette passion, de l’horreur, de la compassion, de la peur par laquelle l’aficionado aussi, se libère ou se purifie.
…..La grandeur de cette fête se trouve au point précis où le courage, la peur, l’instinct et l’intellect s’entrelacent dans une danse harmonieuse chargée de sentiments dans laquelle se conjuguent mouvement et immobilité, beauté et douleur, force et sensibilité. Dans cette danse tragique naît le concept de fête méditerranéenne, propre à cette culture qui fait du tragique une fête.
Parce que la culture méditerranéenne est ainsi : festive dans toutes les facettes de la vie, y compris dans les plus dramatiques. Je me souviens d’avoir lu un article sur les danses de Valence dans lequel on en citait une appelée la « danse del vetllatori ». C’était une danse typique que l’on dansait durant la veillée d’un infant mort……De la même manière on invitait les voisins à déguster des cacahuètes et « tramusos » dans la maison du défunt et les cloches, au lieu de sonner à glas sonnaient « en fête », carillonnant au lieu de sonner lugubrement. De nos jours, cela nous semblerait honteux, néfaste, scabreux et irrationnel de « s’égayer » pour la mort d’un infant.
….. Toutefois, et au-delà des distances, les corridas de toros, c'est-à-dire la Fiesta, n’est pas l’unique spectacle tragique et festif à la fois qui a existé en Espagne. Entre autres fêtes, il nous reste toujours la Semana Santa qui, à la différence des autres lieux d’Europe, se célèbre d’une manière festive, avec le respect et la dévotion indispensables mais en sortant dans la rue fêter la passion, la mort et la résurrection de Notre Seigneur Jésus Christ. Séville en est un grand exemple mais aussi Sagunto (Valencia) où la semaine sainte est connue comme « la Fiesta. »
Sans vouloir être trop long, il faut mentionner les anciens autodafés dont on préparait la mise en scène sur les places principales des villages, où par tradition on organisait les Fêtes et des corridas et pour lesquels on fabriquait des « affiches » pour attirer le peuple dans le lieu le plus populaire de la ville afin d’assister à la condamnation dans une ambiance complètement festive. Leonardo Sciascia décrit dans son livre « La mort de l’inquisiteur » les préparations et les fêtes d’une chose aussi tragique que de voir mourir un condamné.
…. Pour en revenir aux toros, pour celui qui n’est pas aficionado ni ne possède aucune culture taurine, il est très difficile de faire comprendre ces concepts et sentiments de même que pour un incroyant la procession de la Semana Santa peut sembler une pantomime.
…. La cornada de Padilla est le visage cru de la fête, ce que nul ne souhaite voir, que l’on n’attend pas, que l’on ne comprend pas dans la plupart des cas…. Le philosophe Ortega y Gasset le disait déjà quand il affirmait que le plus facile à comprendre dans la relation toro et torero c’est la « cogida ».
 
 
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Ecrit par: tem40, Le: 22/10/11


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