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Cultoro commence l'année en rendant hommage au mythe de Galapagar.
Jose Tomas, qui réapparaitra le 31 janvier dans un mano a mano avec Joselito Adame, sera le sujet de cette série en 12 chapitres que nous tenterons de suivre.
En attendant, voilà comment tout a commencé:

Il avait 10, 11 ans, et ce jour là il n’y avait pas école. C’est ainsi que tout commença.
Tu veux toréer ? Ce jour là il n’y avait pas école, il avait 10,11ans, il avait commencé à supporter l’Atlético de Madrid et plus tard il voulait être footballeur. Il l’était déjà avec l’équipe de son village, le Galapagar, un club de troisième division dont les catégories inférieures benjamins ? alevins ? junior ? jalonnèrent le parcours de son enfance. Au début, il jouait avant-centre puis centre et il courait beaucoup, tellement qu’il s’en souvient avec un sourire lumineux , contenu, et une lueur espiègle dans les yeux. Il courait beaucoup et progressait de catégorie en catégorie, il avait des ambitions mais ce jour là il n’y avait pas école et sa famille décida de le passer al campo, dans la propriété de son oncle Victorino Martin, le ganadero qui avait réussi que son nom soit aussi réputé ou même plus que celui des matadors qui se risquaient dans ses corridas. Alors, quelqu’un qui passait par là lui posa une question qui devait changer le cours de sa vie : « Tu veux toréer ? »
Il ne sait pas pourquoi il répondit oui, mais il se souvient que quand il fut face à sa première vache, il ne savait même pas armer une muleta. Il la prit comme un capote et son grand-père était là et le regardait.
Celestino lui cachait les ballons, les lui enlevait, les crevait et lui donnait une muleta à la place : « Prends et torée ». Lui, il était taxi mais pas n’importe lequel, jusque sur sa carte de visite il avait mis : Celestino Roman taxi de toreros. Rien ne lui plaisait plus au monde que de se louer pour une tournée, ou plutôt oui, il préférait aller à Las Ventas avec son petit-fils Jose, l’initier sans parler à la liturgie profane et solennelle d’une fête qui célèbre la vie dans le présage serein de la mort, l’incomparable émotion d’un fil tendu qui vibre dans la gorge et se transmet au cœur, ce monde petit qui contient pourtant le monde entier. Cela lui plaisait davantage à lui et à l’enfant qui l’accompagnait et regardait et s’imprégnait de toros en silence, car dans l’arène on parle peu et jamais trop, car aux arènes on se tait et on écoute ceux qui savent, et on apprend à respirer.
Tout cela, Jose Tomas le savait ce jour de vacances, en el campo, quand quelqu’un lui demanda s’il voulait toréer. Lui, il aspirait à devenir footballeur, il ne savait même pas armer une muleta, mais il dit oui, fit un pas en avant et …toréa.
Jose Tomas : « Vivre sans toréer, ce n’est pas vivre »
« Il faut compter avec la possibilité de mourir ; il faut avoir peur et apprendre à la surpasser »
« Je brinde dans des occasions très spéciales, quand ça me vient de l’intérieur. Et parfois, simplement avec le regard »

Extraits du texte de Almudena Grandes
El Pais 27 mai 2007




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