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La fondation El Juli, en collaboration avec l’Ecole Supérieure de Tauromachie a crée le Centro Internacional de Tauromaquia y Alto Rendimiento (CITAR) dans lequel les élèves seront soumis à un régime d’internat dans lequel ils seront tuteurés tant dans la formation taurine que dans la formation classique correspondant à laur âge, avec un soutien médical et psychologique.

Qui se souviendra bientôt des maletillas ?


Ces jeunes apprentis, la tête pleine de rêve de gloire, qui parcouraient, comme des vagabonds, les routes et les chemins d’Andalousie dans l’espoir de quelques muletazos. Le baluchon sur l’épaule, bravant la Guardia Civil ils rôdaient, la nuit, autour des élevages pour tirer quelques passes au clair de lune, ou poussés par la faim et le besoin d’assouvir leur passion , étaient toujours prêts à risquer leur vie dans ces pseudos courses de village, face à des toros assassins qui « savaient le grec et le latin », encouragés et poussés à prendre de plus en plus de risques par des populations à qui peu de distractions étaient proposées. Chacun développait sa personnalité sur « le tas », souvent peu académiques, ils pouvaient, quand l’occasion leur était donnée, soulever l’émotion dans les gradins et la controverse parmi les aficionados.



Laissons la parole à Jacques Durand qui nous parle de Belmonte, l’archétype des maletillas (Libération 1990) :
« Belmonte , nuit après nuit, dans la poussière, ce style révolutionnaire qui va, par son statisme, bouleverser les formes taurines fondées alors sur l’esquive. Un style qui s’enracine sur des impératifs quasiment topographiques et stratégiques. Il ne faut pas perdre le taureau dans le noir, donc se coller à lui, bouger le moins possible, le diriger le plus longtemps. Face à ses copains recroquevillés dans l’herbe, le froid et la peur de la Guardia civil, Belmonte forge le toreo moderne, celui qui dorénavant se met en travers de la charge du taureau et la pétrit sur son bas-ventre. Les « anarchistes » resteront dans leur rébellion. Belmonte orientera la sienne vers la corrida. Devenu richissime, idolâtré, respecté, divinisé il enverra dans les prisons où leur rébellion les a conduits du tabac et de l’argent à ses anciens complices, toreros clandestins et fugaces passés du furtif au captif. »


Belmonte



De même El Cordobes, obsédé par l’idée de s’en sortir en devenant un grand torero. Dans leur livre « …ou tu porteras mon deuil » Dominique Lapierre et Larry Collins racontent ces nuits où le futur héros traverse le Guadalquivir pour aller affronter ces monstres dans les pâturages : « Le corps lacéré, leur chemise en lambeaux, ils atteignaient les pâturages après plusieurs heures de course et s’endormaient tapis dans un fourré jusqu’au lever de la lune. Engourdis par le froid, ils se levaient et repartaient. Ils séparaient une bête du troupeau et la poursuivaient jusqu’à ce qu’elle s’arrête et accepte le combat. C’étaient des duels violents, rapides, dangereux. Bousculés, renversés, piétinés, ils payaient leur audace de terribles châtiments… Manuel Benitez se souvient de l’horreur de certaines nuits où des animaux vicieux les obligeaient à prendre la fuite après avoir failli les tuer ? « Ces nuits-là, rappelle-t-il, chaque centimètre carré de notre corps n’était qu’une plaie douloureuse. » Le petit matin les trouvait sur la route de Palma. Brisés, meurtris, couverts de boue et de sang, en guenilles, ils rentraient dans leur taudis pour y tomber d’épuisement et attendre une nouvelle nuit, une nouvelle lune, une nouvelle punition. »


El Cordobes espontaneo



Aujourd’hui, avec les Ecoles Taurines ne tendons-nous pas vers l’uniformité, les jeunes apprennent les mêmes passes, se copiant les uns aux autres. Où est le mystère, l’inconnu, la surprise ?...

Centre Internationnal de Tauromachie.



Qui, bientôt se souviendra des maletillas ?...

Tem40



tem40 Le: 21/11/12
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