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Vingt ans déjà qu’éclatait aux quatre coins de la région, ce 25 novembre 1991, l’effarante nouvelle : Nimeño est mort.

Il avait, comme on dit, mis fin à ses jours. Il avait eu trente-sept ans en mars.

Tous ceux qui dans les milieux taurins et largement au-delà suivaient avec anxiété, depuis le terrible accident d’Arles le 10 septembre 1989, la lutte indécise et cruelle de Christian d’abord pour survivre puis pour récupérer son intégrité physique, espéraient malgré la lenteur des derniers progrès la guérison complète du torero.

On pensait que, comme devant les six Guardiola de la Pentecôte nîmoise de 1989, toujours présente dans les mémoires, et dans tant d’autres occasions de sa carrière, la persévérance, l’obstination, le courage viendraient à bout du pire.

Il avait en effet déjà échappé à la tétraplégie, puis au fauteuil roulant : il était debout désormais, et il marchait ! Fantastique récupération, n’est-ce pas ?

Certes, mais sa main gauche, pas encore prête à l’évidence à courir à nouveau la main des passes naturelles, est-ce qu’elle reviendrait un jour complètement ?

Sans doute Christian a-t-il jugé qu’elle ne reviendrait plus et qu’il avait perdu ce dernier combat : il en a tiré ses conclusions.

Il n’y a rien à dire sur sa décision : elle lui appartient exclusivement. Ne s’imposent désormais, vingt ans après et pour toujours, que le chagrin et les regrets. Aucun de ceux qui l’ont connu ne se consolera de cette tragédie.

On peut imaginer, comme une sorte de palliatif dérisoire à la douleur de l’absence, ce qu’aurait pu être son futur de torero et d’homme : imaginer des journées de triomphe dans une fin de carrière à la hauteur des espoirs de toujours – lorsque la maturité des artistes et singulièrement celle des grands matadors exalte leur talent et fait qu’ils ne montrent jamais autant de maîtrise et ne suscitent jamais autant d’émotion que dans leurs ultimes combats.

Mais on ne verra pas la plénitude de Nimeño, on ne saura pas ce qu’elle aurait pu être dans l’accomplissement final de cette trajectoire de passion qui a été le but de sa vie : devenir et être le meilleur. Comme il était dans sa vie de tous les jours, sans effort ni calcul : le meilleur des hommes qui gardait la fraicheur innocente de son sourire d’enfant.

« ... Nous sommes de l’étoffe

Dont sont faits les rêves, et notre petite vie

Se clôt d’un sommeil... »

Ainsi parle le sage Prospero dans La Tempête de William Shakespeare – deux vers dont la simplicité absolue des mots crie le tragique de la condition humaine – deux vers dédiés à la mémoire de Christian Montcouquiol, Nimeño Segundo, matador de toros, qui nous a quittés voici vingt ans ce 25 novembre 2011.

Texte de Jacques Boyer

http://www.jies-arles.com/article-nime-o-vingt-ans-deja-par-jacques-boyer-89480285.html






tem40 Le: 24/11/11
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